Au Havre : il y a 72 ans sombrait le Niobé
C’est un tragique anniversaire : le 11 Juin 1940, le cargo minéralier Niobé était attaqué et coulé par un Stuka allemand entraînant la mort de plus de 800 personnes.
C‘est un navire bondé de Havrais pris de panique et voulant fuir Le Havre en guerre, qui a quitté le port du Havre à la hâte à 14 h ce 11 septembre 1940. En ayant « omis » de décharger plusieurs de centaines de tonnes de munitions… Vers 17 h eut lieu l’attaque en rade du Havre ; le bilan est effrayant : 800 personnes sont portées disparues, hommes femmes et enfants.
Mais où est le Niobé ?
C’est dans les années 50 qu’est localisée une première fois l’épave du Niobé au large de la Hève. En 1962, alors que ressurgit une hypothétique histoire de diamants qui seraient toujours à bord, on entreprend de nouvelles recherches. Curieusement cette fois l’épave du Niobé serait à 11 miles de Ouistreham !
Dans les années 80, tandis que la plongée se démocratise, quelques téméraires, tels que Jean Luc Garlantezec, pionnier de la plongée havraise, font des découvertes. En allant décrocher les panneaux de chalut des marins professionnels, il fait des relevés ainsi que des croquis sur le « présumé Niobé » nommé à l’époque « l’épave aux munitions ». Mais où donc se trouve cette épave ? À l’aube des années 2000, on ne sait toujours pas vraiment localiser l’épave…
Ce sont des plongeurs de l’école de plongée Paul Éluard qui, en 2002, identifieront avec précision, grâce aux recherches et au GPS, la position exacte du navire. Ils découvrirent sous les concrétions les fameuses lettres N-I-O-B-É. Le mystère est enfin levé, le navire se trouve entre le Havre et Antifer. Lors de ces plongées d’exploration, on peut encore découvrir un nombre impressionnant de munitions ainsi que la cheminée, les treuils et les chaudières, le moteur et un imbroglio de tôles froissées dû à l’explosion. À cet endroit l’eau peut être très claire du fait de l’éloignement de la Seine riche en sédiments.
Thierry Després (Grieme)