Au temps du bagne maritime du Havre

À la fin du XVIIIe siècle, Le Havre voleurs, assassins, arnaqueurs, mais également soldats-marins français sont enfermés ensemble. Il faut donc construire un bagne.

Dernière mise à jour : 30/04/2012 à 19:33

Les bagnards étaient "ferrés"
Les bagnards étaient "ferrés"

Un décret du 23 août 1798 autorise l’ouverture d’un bagne maritime au Havre. Il n’est pas question de construire un nouveau bâtiment, le nouveau lieu d’enfermement trouvera place dans l’ancien couvent des Capucins, dont la construction date de 1621 sur un quai de la ville.
Des soldats-marins accusés de délits pendant leur service sont incarcérés et isolés de la population dans des conditions terribles : peines de fers, enchaînés par deux et se trouvent contraints aux travaux forcés pour le compte de l’État. La municipalité du Havre tire profit de cette situation. Les responsables politiques et hommes d’affaires licencient les journaliers qui travaillent sur l’arsenal pour y faire venir les bagnards dont la main-d’œuvre ne coûte quasiment rien.
Pour nombre de Havrais, voir défiler dans les rues ces individus amaigris et fantomatiques est intolérable. Les habitants tentent bien de soulager leur peine en leur apportant à boire ou à manger. Une charité que réprouve le général Béthencourt, qui en 1798 menace de sanctions.
Le bagne est plus ou moins bien gardé, du fait d’une configuration architecturale peu pratique. Des évasions ponctuelles sont signalées comme celle de ce marin qui, pour passer inaperçu, va dérober quelques habits dans une habitation proche. Surpris pendant son larcin par les habitants, ces derniers décident d’aider le fugitif. Quelques années plus tard, l’évadé revient au Havre afin de remercier ses complices.
Le bagne maritime du Havre pose de réels problèmes à tous niveaux : sécurité, insalubrité… Des voix commencent à s’élever et les autorités savent pertinemment qu’il va falloir trouver une solution acceptable pour tous. C’est Bonaparte, lui-même, qui en visite pour plusieurs jours dans la ville annoncera sa décision (à suivre…).