La psychiatrie mise à mal

L’annonce d’un nouveau projet de territoire pour la psychiatrie inquiète l’ensemble du personnel du secteur qui souffre déjà de conditions de travail difficiles.

Dernière mise à jour : 17/04/2012 à 11:18


Le Havre – Le Schéma Régional d’Organisation Sanitaire (SROS) 2012 prévoit un redécoupage des secteurs de psychiatrie sur le territoire de Seine-Maritime. Concrètement, ceci implique le transfert d’un certain nombre d’agents de la pédopsychiatrie, une soixantaine, du centre hospitalier de Lillebonne vers celui du Havre (une cinquantaine d’agents concernés) et du Rouvray (Sotteville-les-Rouen).
Pour la psychiatrie adulte, ce nouveau découpage impose le rattachement de la psychiatrie de Fécamp, initialement sous la tutelle administrative du Rouen, au centre hospitalier du Havre.
« Ce projet de territoire est tout à fait cohérent. Il permet à la patientèle d’être au plus près de l’hospitalisation. Nous ne pouvons qu’y être favorables. Mais un certain nombre d’interrogations demeurent sur les moyens qui sont attribués pour donner vie à ce redécoupage ». Salle Franklin, pour la toute première fois depuis bien des années, une intersyndicale des personnels de psychiatrie est réunie. Son intention est d’obtenir de l’ARS (Agence Régionale de Santé) des engagements concrets. « En pédopsychiatrie, nous voulons avoir la garantie que le transfert des personnels ne s’accompagnera pas à terme d’une fermeture des structures de proximité dans lesquels ils travaillent. Le secteur de Lillebonne est un secteur plus rural que le Havre, où les déplacements sont parfois difficiles. Les centres médico-psychiatriques et hôpitaux de jours qui maillent le territoire doivent être maintenus ».
Psychiatrie, le parent pauvre
Du côté de la psychiatrie adulte, on s’inquiète du fait que le rattachement de Fécamp se traduira par une quinzaine d’hospitalisations complètes au centre Pierre Janet, déjà en suroccupation. « Et on nous annonce que 9 lits seulement seront créés avec une affectation d’un peu plus de moyens paramédicaux. Il faut comprendre aussi que le Havre est aussi en pénurie de médécins : 8 psychiatres au lieu de 16 », dénonce l’intersyndicale. Une rencontre avec l’ARS est vivement attendue.

K.L